Le cannabis est-il légal en France ?

Des règles différentes s'appliquent au THC et au CBD en France.

Le cannabis contenant du THC est un stupéfiant classé, et son usage constitue une infraction pénale au titre de l'article L3421-1 du Code de la santé publique. Cette qualification repose sur la loi de 1970 sur les stupéfiants. Les seules exceptions licites sont les médicaments contenant du THC disposant d'une autorisation de mise sur le marché et le dispositif de cannabis médical décrit ci-dessous.

Les produits CBD, en revanche, sont légaux s'ils contiennent 0,3 % de THC au maximum. Cette règle a été confirmée par le Conseil d'État en 2022.

Cannabis avec THC Produits CBD
Légal ? Non Oui, jusqu'à 0,3 % de THC
Base légale Loi de 1970 sur les stupéfiants, art. L3421-1 Arrêté du 30 décembre 2021
Vente Non autorisée En boutiques CBD, en pharmacie et en ligne
Sanction en cas de détention Jusqu'à 1 an de prison et une amende de €3,750 ; une première infraction mineure est généralement réglée par une amende forfaitaire de €500 Aucune

La limite de 0,3 % de THC est le fruit d'un long contentieux juridique.

La loi de 1970 interdisait de manière générale la détention, la culture, la vente et la consommation de cannabis.

Fin 2021, un nouvel arrêté a établi que les produits CBD sont autorisés jusqu'à 0,3 % de THC. Dans le même temps, la fleur de CBD et les feuilles de chanvre devaient être interdites. En janvier 2022, le Conseil d'État a toutefois annulé cette interdiction. La juridiction a jugé que le CBD n'a pas d'effet psychotrope et n'entraîne pas de dépendance. La fleur de CBD peut donc être vendue tant qu'elle respecte la limite de THC.

La détention de cannabis contenant du THC reste illégale en France, même en petite quantité pour un usage personnel, ce point est distinct des règles relatives au CBD exposées ci-dessus. Depuis 2019, toutefois, les premières affaires portant sur une petite quantité sont généralement traitées par une amende forfaitaire simplifiée plutôt que par un procès pénal complet. Cette procédure accélérée ne change rien au statut juridique : le cannabis avec THC reste illégal. Elle modifie seulement la manière dont une affaire mineure est traitée.

Voici comment cela se passe généralement :

  1. La police découvre une petite quantité de cannabis avec THC lors d'un contrôle.
  2. Pour une première infraction, une amende forfaitaire (amende forfaitaire délictuelle) de €500 peut être infligée sur place au lieu d'ouvrir une procédure judiciaire. Elle est ramenée à €400 en cas de paiement rapide et portée à €1,000 en cas de paiement tardif.
  3. L'amende peut être contestée, auquel cas l'affaire est portée devant le tribunal.
  4. En cas de quantités plus importantes, de récidive ou de soupçon de trafic de stupéfiants, l'affaire est jugée par un tribunal correctionnel. Dans ce cas, jusqu'à 1 an de prison et une amende de €3,750 peuvent être prononcés.

Ces montants ont changé en août 2026. La « loi RIPOST » (loi n° 2026-798 du 18 août 2026) a été définitivement adoptée le 21 juillet 2026, examinée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026, publiée au Journal officiel le 19 août 2026 et est entrée en vigueur le 20 août 2026.

Ce qu'elle a changé en matière d'usage de stupéfiants :

  • L'amende forfaitaire est passée de €200 à €500 (€400 en montant minoré, €1,000 en montant majoré).
  • Une juridiction peut désormais prononcer une suspension du permis de conduire pouvant aller jusqu'à 3 ans (nouvel article L3421-7 du Code de la santé publique). Cette suspension ne peut pas être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle et ne peut pas être assortie du sursis.
  • Un préfet peut également prononcer une suspension administrative du permis pouvant aller jusqu'à 6 mois en cas d'usage répété de stupéfiants, même en l'absence de conduite.

Merci de lire attentivement ce qui suit avant d'agir sur cette base : la législation sur le cannabis et le CBD évolue régulièrement partout en Europe, et son application peut varier d'une région à l'autre même lorsque le texte de loi, lui, ne change pas. Cet article reflète la situation juridique au moment de sa rédaction. Avant de commander des produits, de voyager avec eux ou de prendre une quelconque décision fondée sur ces informations, vérifiez vous-même l'état actuel du droit auprès d'une source officielle le journal officiel national, le ministère compétent ou un avocat local agréé plutôt que de vous fier uniquement à cette page ou à un autre site unique. Cet article expose le contexte juridique ; il ne remplace pas un conseil juridique individuel.

La fleur de CBD, les huiles de CBD, le hasch et les aliments contenant du CBD peuvent être vendus si :

  • ils contiennent 0,3 % de THC au maximum, et
  • le chanvre utilisé provient d'une variété de chanvre autorisée dans l'UE.

Les fabricants, en revanche, ne peuvent pas revendiquer d'effets thérapeutiques, le CBD étant considéré en France comme un produit de consommation courante et non comme un médicament.

Le HHC n'est pas légal. L'agence française du médicament (ANSM) a classé le HHC, le HHCO et le HHCP comme stupéfiants par une décision du 12 juin 2023, entrée en vigueur le 13 juin 2023.

Le 3 juin 2024, l'ANSM a étendu ce classement à d'autres cannabinoïdes semi-synthétiques, dont le H4CBD, le H2CBD, le HHCPO et le THCP.

La production, la vente et la détention de l'ensemble de ces substances sont donc interdites en France, quelle que soit leur teneur en THC.

La France a mené une expérimentation du cannabis médical qui a pris fin le 31 décembre 2024. Aucun nouveau patient n'y est inclus depuis le 27 mars 2024.

Depuis, environ 700 patients déjà inclus dans le dispositif poursuivent leur traitement dans le cadre d'un régime transitoire. Ce régime devait initialement prendre fin le 31 mars 2026 et a été prolongé ; il court désormais jusqu'à trois mois après la publication de l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), à une date qui n'est pas encore fixée.

Le cadre pérenne n'est pas encore en vigueur. Les textes d'application ont été notifiés à la Commission européenne en mars 2025 et le décret relatif au remboursement a été transmis au Conseil d'État le 2 juillet 2026 ; l'avis de la HAS est attendu à l'automne 2026.

Le dispositif couvre des pathologies telles que les douleurs chroniques et les épilepsies sévères et exige toujours une prescription médicale. Ces règles n'ont rien à voir avec la réglementation applicable au CBD ou au cannabis récréatif.

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Sources